Stage de césure - Des animaux pour gérer les adventices : le pâturage comme levier agroécologique
Présentation INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales , implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
Environnement de travail, missions et activités
Proposition d’un stage de 6 mois pour un(e) étudiant(e) souhaitant réaliser une césure et intéressé(e) par la recherche appliquée. Ce stage porte sur la régulation des adventices des cultures céréalières par le pâturage.
1- Contexte et problématique :
Pour concevoir des systèmes de culture visant à réduire fortement, voire à supprimer, le recours aux herbicides, il est nécessaire de combiner plusieurs leviers de gestion permettant d’intervenir sur les adventices à différents stades de leur développement. Le désherbage mécanique constitue aujourd’hui l’une des principales alternatives au désherbage chimique, notamment en agriculture biologique, et repose sur l’utilisation d’outils tels que la herse-étrille, la houe rotative ou la bineuse. Néanmoins, l’efficacité de ces interventions demeure variable et dépend fortement des conditions pédoclimatiques, du stade de développement des adventices et des caractéristiques de la culture. Par ailleurs, certaines techniques présentent des limites intrinsèques : le binage, par exemple, permet principalement de contrôler les adventices situées dans l’inter-rang et laisse potentiellement se développer celles présentes sur le rang.
En l’absence d’une technique curative unique permettant d’atteindre une efficacité comparable à celle des herbicides, la gestion agroécologique des adventices repose sur la combinaison de plusieurs leviers à l’échelle du système de culture. Elle vise notamment à mobiliser différents mécanismes de régulation biologique, tels que la compétition pour les ressources, les interactions allélopathiques¹ entre plantes, ainsi que la consommation des adventices par les organismes auxiliaires ou les animaux d’élevage.
C’est dans cette perspective que la reconnexion entre productions végétales et animales apparaît comme une piste intéressante pour renforcer la régulation agroécologique des adventices. Au-delà des bénéfices classiquement associés à l’intégration de l’élevage, tels que la valorisation des effluents organiques et la fermeture des cycles biogéochimiques, cette complémentarité peut contribuer à diversifier les stratégies de gestion des adventices. Elle permet notamment (i) de diversifier et d’allonger les rotations par l’introduction de cultures fourragères et de prairies temporaires, qui peuvent contribuer à réduire la pression des adventices, et (ii) de mobiliser directement les animaux comme agents de régulation, grâce à la consommation et à la défoliation de la végétation adventice lors du pâturage, notamment pendant les périodes d’interculture ou sur certaines prairies temporaires. Malgré ce potentiel, le rôle de l’intégration cultures-élevage dans la régulation des adventices reste encore peu documenté en grandes cultures.
Ce stage s’inscrit dans le cadre du projet PARAD :
( un projet transversal porté par INRAE , qui vise à accompagner la transition agroécologique vers une gestion des adventices permettant de réduire le recours aux herbicides. Le projet combine différents leviers agroécologiques, des innovations techniques et technologiques ainsi que des approches systémiques.
2- Objectifs du stage :
- Évaluer l’effet du pâturage ovin pendant l’interculture, avec ou sans couvert d’interculture, sur la régulation des adventices et les performances de la culture suivante.
- Analyser l’influence de la sélectivité alimentaire des ovins sur la régulation différenciée des espèces adventices selon leurs caractéristiques et leur appétence.
3- Méthodologie :
- Approche bibliographique
- Suivi d’une expérimentation de terrain accueillie chez un éleveur en Champagne humide
- Analyses biochimiques et physiques de différentes matrices (couvert végétal, culture et animaux)
4- Durée :
- Stage de 6 mois à partir de Novembre 2026 (avec une certaine flexibilité concernant les dates et la durée du stage)
5- Conditions matérielles :
- Permis B : prise en charge de l'ensemble des frais de déplacement
- Lieu du stage : L'institut Agro DIJON et l'UMR Agroécologie INRAE Dijon
- Repas : possibilité de déjeuner au restaurant universitaire ou au restaurant INRAE, ou d’apporter son propre repas et de déjeuner sur place
6- Gratification / autres :
- Gratification 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale (4,50€ par heure de présence)
- Frais de transport domicile / travail selon règlementation en vigueur
- Frais de déplacements remboursés selon le barème de L’INRAE
Formations et compétences recherchées
Master/Ingénieur (Bac+5)
Profil souhaité
- Etudiant(e) en cursus de formation Ingénieur agronome.
- Intérêts pour les systèmes agricoles agroécologiques (synergie culture-élevage)
- Autonomie et goût pour l’expérimentation
Modalités pour postuler
Les personnes accueillies à INRAE, établissement public de recherche, sont soumises aux dispositions du Code de la fonction publique notamment en ce qui concerne l’obligation de neutralité et le respect du principe de laïcité. A ce titre, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’elles soient ou non au contact du public, elles ne doivent pas manifester leurs convictions, par leur comportement ou leur tenue, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. > En savoir plus : site fonction publique.gouv.fr