Proposition de Thèse : Exposition orale chronique à un cocktail d’additifs alimentaires inorgan[...]
Présentation INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi‑performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
Environnement de travail, missions et activités
Vous exercerez votre activité au sein du Centre de Recherche en Toxicologie Alimentaire (Toxalim, UMR 1331) à l’INRAE de Toulouse dans l’équipe Endocrinologie & Toxicologie de la barrière intestinale (ENTeRisk) co‑dirigée par Eric Houdeau (DR1 INRAE) et Bruno Lamas (CRCN INRAE). Nos recherches visent à étudier le devenir et les effets dans l’intestin de substances chimiques inorganiques (principalement des métaux et oxydes de métaux) utilisées comme additifs alimentaires (nano‑ et microparticules, agents de texture ou pigments alimentaires) ou présentes involontairement dans les aliments (pesticides, substances migrantes provenant des emballages). L’équipe se concentre plus particulièrement sur les mécanismes de dérégulation le long de l’axe microbiote‑système immunitaire et les conséquences « santé » pour l’hôte compte tenu du potentiel bactéricide et immunotoxique de ces substances. Nos recherches aideront les agences de sécurité alimentaire (Anses, Efsa) dans la ré‑évaluation et les futurs avis quant au maintien de ces produits chimiques dans les aliments.
Contexte scientifique
Le risque sanitaire lié à l’exposome chimique alimentaire est surtout abordé pour les polluants d’origine organique (dioxines, pesticides, furanes). Quand la part inorganique est peu explorée, elle est souvent limitée aux métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, cadmium, nickel). Pourtant, des (nano)particules (NPs) d’aluminium, de silice, de fer, de cuivre et de titane sont communément retrouvées dans des tissus humains dès la vie in utero . Elles sont suspectées issues d’additifs communs, comme le dioxyde de Ti (E171) et de Si (E551). Leur passage transplacentaire et leur présence dans les aliments dès l’enfance attestent d’une exposition « long‑terme » en population générale. Chez le rongeur, des NPs d’Al, TiO2, SiO2, Cu ou de Fe induisent une dysbiose et altèrent les fonctions immunitaires ou cérébrales.
Objectifs du projet de thèse
Évaluer les effets d’un cocktail composé de E141, E171, E172, E551 et E554 de la gestation à l’adulte sur les axes intestin‑système immunitaire, intestin‑cerveau, et la susceptibilité à développer des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), une allergie alimentaire, ainsi que des troubles viscéraux liés au stress ou d’ordre métaboliques (diabète, obésité). En collaboration avec l’équipe de Frédéric Carvalho, explorer les effets de ce cocktail sur le comportement et le développement du syndrome de l’intestin irritable (SII).
Responsabilités principales
- Évaluer chez la souris les effets d’une exposition orale chronique à ce cocktail d’additifs alimentaires sur l’axe microbiote‑intestin‑cerveau et la susceptibilité à développer des désordres métaboliques, des MICI et le SII.
- Caractériser les effets de ce cocktail sur le microbiote, les fonctions immunitaires et l’épithélium intestinal par des approches ex vivo et/ou in vitro en utilisant des digesteurs artificiels, des cellules immunitaires primaires et des organoïdes intestinaux.
- Déterminer le rôle du microbiote intestinal dans les effets de ce cocktail d’additifs alimentaires par des expériences de transfert de microbiote fécal.
Conditions particulières d’activité
Le laboratoire d’accueil est classé en Zone à Régime Restrictif (ZRR). Le recrutement est soumis à une autorisation préalable d’accès, conformément à la réglementation en vigueur relative à la protection du potentiel scientifique et technique de la Nation.
Formations et compétences recherchées
Master/Ingénieur (Bac+5). Formation recommandée : titulaire d’un Master en Biologie‑Santé.
Connaissances souhaitées : physiologie digestive et/ou immunologie, expérience en modèles précliniques (souris) de pathologies intestinales. Expérience appréciée : intérêt pour les interactions microbiote‑hôtes ainsi qu’une sensibilité aux enjeux de sécurité sanitaire des additifs alimentaires.
Aptitudes recherchées : capacité d’analyser et de synthétiser des données, rigueur, motivation, organisation, gestion du temps et travail en équipe.
Votre qualité de vie à INRAE
- jusqu’à 30 jours de congés + 15 RTT par an (pour un temps plein)
- un soutien à la parentalité : CESU garde d’enfants, prestations pour les loisirs
- des dispositifs de développement des compétences : formation, conseil en orientation professionnelle
- un accompagnement social : conseil et écoute, aides et prêts sociaux
- des prestations vacances et loisirs : chèque‑vacances, hébergements à tarif préférentiel
- d’activités sportives et culturelles
- d’une restauration collective